Aurore ouvre la porte d'entrée. Deux silhouettes foncent dans le salon. Un cocker noir et un chat noir et blanc dévalent l'escalier, si vite que la porte cogne contre le mur. Aurore reste figée, les mains encore sur la poignée.
Le chien aboie, le chat siffle. Une plume noire virevolte entre eux, tourbillonne, retombe. Aurore cligne des yeux — elle n'a encore jamais vu autant de mouvement en une seule seconde.
Le cocker s'installe sur le tapis moelleux près de la cheminée. Le chat, lui, saute sur la table basse et renverse un livre. Pages éparses, comme une neige de papier.
Aurore pose une coussinette entre eux. Le chien renifle le coussin et tourne la tête. Le chat la griffe doucement. « Il faut que vous partiez ensemble, dit Aurore d'une voix ferme. »
Le lendemain, deux bols de croquettes et deux gamelles d'eau attendent sur le carrelage. Le cocker avale sa ration en un éclair. Le chat tourne autour de la sienne, ne touche pas.
Elle tire une ficelle pour les faire jouer. Le chien tire si fort que la ficelle se détache et rebondit sur le nez du chat. « On essaiera demain, murmure Aurore en ramassant la ficelle. »
Le ciel s'assombrit soudain. Le tonnerre fait trembler les vitres. Le chat se faufile sous le canapé. Le cocker se glisse derrière, les oreilles collées à la tête.
Aurore apporte une vieille couverture et la pose sur le sol. Les deux animaux, frissonnants, s'approchent lentement. Le chat sort la tête. Le chien renifle l'air.
Ils se blottissent l'un contre l'autre. Le cocker pose une patte sur le chat. Le chat enroule sa queue autour du museau du chien. Aurore observe, silencieuse.
Le soleil illumine le salon. Aurore découvre les deux animaux endormis côte à côte. Le chien a une patte sur le chat. Le chat a la queue enroulée autour du museau du chien.
Elle sourit et dépose délicatement leur bol commun sur le tapis. Les deux animaux dorment toujours. Aurore écarte les rideaux pour laisser entrer la lumière.
Depuis ce jour, le cocker et le chat partagent leur repas. Leur jouet préféré — une balle fendue — roule maintenant sur le même tapis. Le soleil du jardin entre par la fenêtre.