Les tambours d'An fracassent les grands pins. Le village se courbe, se tait. Le sol tremble, tremble, tremble.
Gióng n'a jamais fait un son. Aujourd'hui, il claque des dents et hurle : « Maman ! » Le bol glisse des mains de sa mère. Le riz éclate.
Gióng pointe le ciel gris. « Un cheval d'or ! Une armure ! » Le roi Hùng fait apporter le fer doré.
L'armure claque, graticque. Gióng la serre, la serre encore. Les enfants ouvrent la bouche. Puis la ferment.
Gióng galope entre les pins. Le cheval d'or soulève une poussière jaune. Les tambours s'approchent, plus forts.
Les guerriers d'An surgissent, aussi hauts que les troncs. Gióng mord sa lèvre. Il serre les rênes.
Gióng enfonce la lance. Le cheval bondit. Les tambours s'arrêtent d'un coup.
Les envahisseurs reculent. Le silence tombe. Seul reste le frottement du fer contre le fer.
Gióng et son cheval s'élèvent lentement. Ils traversent les cimes des pins. Vers les nuages blancs.
Sa mère lève les yeux. Elle agite son mouchoir. En bas, le village se remet à chanter entre les grands pins.