Le vent souffla soudain, emportant des braises incandescentes depuis le grand feu au loin. Ibrahim attrapa une étincelle qui volait vers sa tente ; elle s'éteignit instantanément sur sa paume ouverte, sans même la chauffer. Les villageois, voyant cette chose étrange, cessèrent leurs préparatifs de peur et se tournèrent tous vers lui.
Ibrahim, les bras ouverts, avança au milieu de la rue de sable. « Faites confiance à Dieu, même quand la flamme danse près de vous », dit-il d'une voix claire. Un vieil homme ricana et jeta du sable sur son propre foyer, mais Ibrahim continua d'avancer, serein.
Les flammes léchèrent les bords de la tente d'Ibrahim, projetant une chaleur vive qui fit danser les cendres. Ibrahim saisit une corde et attacha fermement la natte d'entrée, puis regarda droit dans le rougeoiement. « Je reste ici », murmura-t-il.
Soudain, le mur de feu sembla se figer à quelques pas d'Ibrahim, comme si une main invisible l'eût repoussé. Il ouvrit les yeux grands ouverts, puis un sourire léger illumina son visage. Il tendit la main vers les langues orangées.
Les flammes ondulent doucement, puis retombent en grésillements bleutés avant de s'évanouir complètement. Ibrahim garde les bras levés, les paumes ouvertes, tandis que le dernier souffle de chaleur dissipe la fumée autour de lui.
Le silence retomba sur le village, seulement troublé par le grincement d'un palmier encore vert. Les villageois sortirent de leurs abris, les yeux écarquillés, découvrant Ibrahim debout sur le sable tiède, sans une brûlure.
Ibrahim ramassa la palme tombée et la planta fermement dans le sol. Il la tint un instant, puis recula, contemplant son geste sous un ciel parsemé d'étoiles brillantes.
Les villageois accoururent, murmurant, touchant la terre autour de lui pour s'assurer qu'il était sain et sauf. Un vieil homme tendit la main vers la palme plantée, émerveillé.
Ibrahim sourit en regardant la palme droite dans la nuit. Il savait que la vie continuerait, même après le passage du feu.
La nuit s'étendit sur le village apaisé. La palme tremblait doucement dans la brise, et le jeune homme resta là, veillant sous un ciel étoilé infini.