Après l’école, Jhovani file vers le chantier du quartier. Son oncle l’attend près des briques, une pelle appuyée contre l’épaule. Entre deux coups dans la terre, Jhovani ouvre son carnet à spirale. Crisse, crisse : son crayon dessine un robot capable de porter des briques.
La pelle plonge, remonte, plonge encore. Jhovani ajoute des bras articulés, des roues solides et une pince large. Son oncle pose une brique avec soin, puis jette un regard au dessin. « Il travaillera avec nous ? » demande-t-il. Jhovani hoche la tête : « Quand il saura comment. »
Le lendemain, dans la salle informatique, Jhovani lance son premier programme. Le robot constructeur tourne en cercle : vrrr, vrrr, vrrr ! Il renverse chaque cube sur son passage. Jhovani resserre une vis, remplace trois lignes de code et observe les roues repartir.
Cette fois, le robot avance droit… enfin, presque. Il zigzague, tremble, puis percute le mur avec un toc retentissant. Jhovani éclate de rire et tape une nouvelle commande. « Encore », murmure-t-il, les yeux fixés sur l’écran. Le robot recule d’un centimètre.
Le jour suivant, Jhovani charge un programme neuf. La pince saisit un cube, le soulève… puis le laisse tomber. Clac. À la deuxième tentative, le cube tombe encore. Jhovani ramasse les pièces, efface une ligne et écrit plus lentement, lettre après lettre.
Pour la troisième fois, la pince descend. Elle attrape le cube, le soulève et le dépose sans bruit. Puis le robot gratte le sol : tac, tac, tac-tac. Jhovani relève la tête. Il reconnaît le rythme. Dans son carnet, il dessine des notes autour du robot.
Le jour de la foire scientifique, toute la classe se rassemble autour du montage. Jhovani appuie sur le bouton. Les lumières du robot clignotent ; ses bras déposent un bloc, puis un deuxième, puis un troisième. Ensuite, il s’immobilise devant la structure inachevée.
Jhovani appuie une dernière fois. Le robot vibre, avance et place le quatrième bloc exactement au centre. Un instant, personne ne bouge. Puis la classe explose d’applaudissements. Jhovani regarde le montage, puis son robot, pendant que les lumières vertes clignotent doucement.
Le soir, Jhovani retourne au chantier avec son oncle. Ensemble, ils posent la dernière brique du mur. La pelle repose dans la terre, les outils brillent sous la lumière orange, et le carnet à spirale, rempli de nouveaux robots, disparaît dans la poche de Jhovani.
Ses mains portent la poussière du chantier, son front brille sous la sueur. Jhovani recule pour regarder le mur terminé. Son oncle range la pelle près des briques restantes. Dans la poche du garçon, les pages du carnet froissent doucement. Demain, d’autres robots attendront leurs premières lignes de code.