Kaya se glisse sous sa couette quand la lumière s'éteint. Elle serre Fort contre elle. La veilleuse jaune trace un cercle de lumière sur le tapis. « Je suis assez grande pour dormir seule », chuchote-t-elle — puis elle tire la couette jusqu'au nez.
Un grincement résonne dans le coin. Kaya se fige, les doigts crispés sur les poils de Fort. La veilleuse vacille, et les ombres dansent sur les murs.
« Je suis assez grande », se dit-elle, et elle sort du lit.
Elle s'approche de l'étagère. Le cheval en bois a l'air géant dans la pénombre. Elle tend la main, touche le bois lisse, puis éclate de rire.
« Je suis assez grande », répète-t-elle, et elle remet le cheval en place.
De retour au lit, elle voit l'ombre de Fort sur le mur. Elle grandit, ses pattes s'étirent comme des bras immenses. Kaya recule d'un bond, puis s'arrête.
Kaya lève les bras. L'ombre lève les bras aussi. « Je suis assez grande ! » dit-elle, et elle fait danser l'ombre de Fort sur le mur.
Kaya se recouche, Fort serré contre elle. Les ombres dansent doucement sur le plafond, devenues des formes gentilles. Elle ferme les yeux, un sourire aux lèvres, et s'endort.