Kofi Connecté

« Kofi Connecté » est un livre illustré en style Aquarelle avec un jeune garçon africain, par Guest, pour les 6–9 ans — créé avec Doodara, le créateur d’histoires IA

par Guest · Aquarelle · 6–9 ans · jeune garçon africain · 12 pages

Le numérique ouvre l'avenir

L'homme du camion pose une tablette fissurée sur la table du marché, puis disparaît dans le tintement des cloches de bétail. Kofi s'approche en silence. La poussière dorée danse autour de l'écran brisé, abandonné, muet. Il penche la tête, l'index levé. Quelqu'un a laissé cette chose, là ?

Kofi attrape la tablette. Son pouce presse le verre fissuré. L'écran explose en bleu vif, au cœur de la poussière dorée. Des doigts tapent à l'écran, une appli prend forme, ligne après ligne. Il retient son souffle. Qu'est-ce que c'est, ce petit monde, là-dedans ?

Sous le baobab, les mois défilent. Kofi recopie les lignes de code dictées par les tutoriels, mot après mot. Premier essai : un cercle tourne. Tourne. S'arrête. Il fronce les sourcils, relit. Le cercle reste figé, comme une grenouille endormie au fond de l'écran.

Deuxième essai. L'écran clignote : Prédiction, pluie, neuf cent pour cent. Kofi éclate de rire, si fort que les feuilles du baobab bruissent. Il cogne la tablette contre sa genou. Tock. Sec. Puis il rit encore, le dos calé contre l'écorce ridée.

Troisième essai. Kofi tape plus lentement, mot à mot, les pouces qui tapotent. La poussière de la savane blanchit les caractères à l'écran. Il souffle entre deux frappes. Un. Deux. Trois. Le cercle tourne. Continue. Ne s'arrête plus. Il compte sous ses lèvres.

Tonton M'Baye croise les bras devant son champ de mil. Un rectangle de verre qui te dit quand il pleut ? ricane-t-il, la voix sèche comme le foin. Kofi tend l'écran. Le signal faiblit. Disparaît. Le noir gobe le verre. Puis le réseau revient, et Kofi lit à voix haute : Pluie, mardi, quatorze heures.

Le mardi suivant, les gouttes martèlent la tôle du hangar. Brrrr, brrrr, brrrr. Le chapeau de paille de Tonton M'Baye atterrit dans la boue, oublié, trempé jusqu'au fil. L'eau coule en rivières minuscules le long des talons en cuir usé. Nul ne le ramasse. Il est là, mou, plat, sous l'averse.

Devant les vingt agriculteurs, Kofi projette l'écran sur la toile du marché. Période sèche de trois semaines. Ne plantez pas le sorgho. Personne ne parle. Le vent soulève les herbes hautes en frissons, et le silence pèse comme une pierre sous les pieds nus de la foule.

Trois semaines plus tard, les rivières se craquellent en damier de boue claire. Le sorgho des autres jaunit sur pied, les épis penchés, lourds de rien. Le vent traverse le champ en sifflet sec. Les feuilles mortes tournent, tournent, et s'aplatissent contre la terre parchemin.

Tonton M'Baye claque ses mains poussiéreuses. Kofi. Tu es fou. La voix crisse comme du papier sec. Mais il sourit. Un grand sourire, dents qui brillent dans le soleil de fin d'après-midi, le menton levé vers le garçon assis à côté de lui, les pieds dans la poussière chaude.

Un an plus tard, dans une ruelle étroite d'Abidjan, Kofi décroche un téléphone posé sur un bureau taché de café. Kofi Tech, bonjour ! Je crée des outils pour vos champs. Derrière lui, le soleil mord le toit de tôle. Un klaxon gronde au loin. Les murs de la ruelle sentent la mangue écrasée.

Sur le bureau, la vieille tablette fissurée tourne encore, le cercle qui tourne, tourne, ne s'arrête plus. Kofi pose ses pouces sur le clavier virtuel. Le soleil oblique peint des carreaux sur le mur de tôle. Il commence à taper la version suivante. Le klaxon s'éloigne. Les chiffres défilent.

Doodara

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