Face à la grande porte de l'école sous le vieux chêne, Gaspard rentre son nez. Il replie ses petites pattes et se met en boule. Le vacarme des rires à l'intérieur résonne à travers le bois. Il se demande si quelqu'un le remarquerait s'il restait caché toute la matinée.
Dring, dring ! Une petite cloche tinte joyeusement derrière une fenêtre. Gaspard entrouvre un œil, puis referme aussitôt son armure d'un sec petit clic. Il compte les brins d'herbe humide sous son nez noir, écoutant le silence de la mousse.
Soudain, des pas précipités se rapprochent. Crac, crac, crac ! Un autre élève court vers l'entrée, serrant à pleins bras une énorme boîte en carton. Le paquet vacille dangereusement de gauche à droite, tout près de tomber. Gaspard observe les pieds glisser sur la terre à travers l'espace entre ses piquants.
Patatras ! La course s'arrête net sur une racine noueuse, libérant une véritable pluie de crayons sur le sol. Le nouvel arrivé soupire, assis dans la poussière avec les bras ballants. Un unique crayon bleu roule doucement et vient buter contre le bout du nez de Gaspard.
Très lentement, Gaspard sort une patte, puis l'autre. Il se redresse sous la douce lumière du matin pour ramasser le bel objet bleu. « Tiens, » murmure-t-il en tendant le bois taillé. Le garçon lève la tête, regarde le bout coloré, et lui adresse un immense, éclatant sourire.
« Merci beaucoup, je suis drôlement en retard ! » rigole-t-il. Ensemble, ils ajoutent toutes les autres couleurs scintillantes dans le grand carton. L'un attrape un côté, Gaspard prend l'autre. Ils franchissent la grande porte de l'école où leurs drôles de petits pas se mettent à résonner parfaitement ensemble.