Le téléphone d'Ana vibre sur la table basse. C'est Max, en Suisse, qui demande une vidéo d'anniversaire — encore. Ana soupire, retourne le téléphone face contre le coussin, et va regarder les vagues de l'Algarve par la fenêtre. Derrière elle, l'écran s'éteint puis se rallume : Max a envoyé un autre message.
Pendant trois jours, le téléphone vibre sans arrêt — au petit-déjeuner, pendant le goûter, même pendant le bain. Ana le fait glisser hors de portée chaque fois, mais Max ne lâche pas. « S'il te plaît, juste une vidéo ? » « Une minute ? » « J'ai envie de te voir. »
Le quatrième soir, Ana s'assied par terre, entourée de son téléphone qui clignote comme une luciole. Elle regarde la lumière du phare balayer sa chambre, une bande blanche qui traverse les murs, le lit, le sol, encore et encore. Elle ne touche pas l'écran.
Ana prend une grande inspiration, allume la caméra, et se met à danser en portant le chapeau de clown rouge que Max lui avait offert l'année dernière. Elle fait des grimaces, tombe dans les pommes, rit toute seule. Elle appuie sur envoyer.
Le son de l'envoi zoopplang retentit, et Ana se recroqueville sur ses genoux en attendant. La chambre est tout à fait silencieuse, sauf le ronronnement lointain du réfrigérateur et le crissement des vagues contre les rochers en dessous de sa fenêtre.
L'écran s'allume : le visage de Max apparaît, ses yeux si verts qu'ils semblent presque brillants dans la lumière de sa chambre suisse. Ana ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais Max rigole d'abord — un grand rire qui lui fait faire un reniflement ridicule.
Puis il lève son propre téléphone pour montrer qu'il porte le même chapeau de clown. « Je l'avais gardé ! » crie-t-il. « Et j'ai apprisé la danse ! » Il sautille sur place, complètement à côté de la musique, et Ana rit si fort qu'elle en oublie de respirer.
Ana et Max restent en visio,各自 montrant leur ciel à l'autre — le phare portugais d'un côté, les Alpes suisses de l'autre. Max tient son téléphone bien haut pour qu'Ana puisse voir la lune au-dessus des montagnes. « On peut se revoir en vidéo demain ? » demande-t-il.
Ana sourit, ses pieds qui pendent au-dessus du tapis, et hoche la tête. « Demain, et après-demain, et tous les jours. » Le phare continue de tourner dehors, projetant des rayons de lumière qui traversent l'écran jusqu'au visage de Max.
Le téléphone d'Ana vibre sur la table basse de son appartement portugais. C'est Max, en Suisse, qui demande une vidéo d'anniversaire — encore. Ana soupire, retourne le téléphone face contre le coussin, et va regarder les vagues de l'Algarve par la fenêtre. Derrière elle, l'écran s'éteint puis se rallume.
Pendant trois jours, le téléphone vibre sans arrêt — au petit-déjeuner, pendant le goûter, même pendant le bain. Ana le fait glisser hors de portée chaque fois, mais Max ne lâche pas. « S'il te plaît, juste une vidéo ? » « Une minute ? »
Le quatrième soir, Ana s'assied par terre, entourée de son téléphone qui clignote comme une luciole. Elle regarde la lumière du phare balayer sa chambre, une bande blanche qui traverse les murs, le lit, le sol, encore et encore. Elle ne touche pas l'écran.