Alain clippe ses pédales au départ. Le vélodrome de Roubaix résonne.
Son maillot flambe — rouge, blanc, bleu. Les copains crient son prénom derrière la clôture.
La corne hurlle. Alain s'élance, les roues qui zhzht sur le béton.
Mi-parcours : les pavés. Alain rebondit, rebondit, rebondit.
Un voisin agite une serviette farineuse depuis un café. Alain crie : « Je donne tout ! »
Encore des pavés. Plus durs. L'eau jaillit partout.
Ses jambes brûlent. Un petit garçon laisse tomber sa glace. Il bouche bée.
La cloche finale tinte ! Alain se dresse sur ses pédales et rugit.
Il franchit la ligne. La foule explose — des voisins qui sautent, qui pleurent.
Alain essuie la poussière de ses joues. Il sourit à tous ces visages connus.
Ce soir, la parade descend la rue de l'Épinette. Les enfants roulent à côté de lui.
On lui offre une glace. Il croque et cligne de l'œil au garçonnet.