À 23 h 17, la tablette de Milo vibre. Un message apparaît : « Viens si tu veux savoir. » Milo enfile ses chaussons et sort dans la rue enneigée, le vent glacé chatouillant ses oreilles.
Milo trouve un origami en forme de flocon sous un arbre. Il lit : « Regarde là où l'horloge sonne treize. » Le papier froissé craque entre ses doigts alors qu'il marche vers l'église, où un rire étouffé le fait sursauter.
Milo grimpe les marches de l'église. La porte du sous‑sol est entrouverte, une lumière orange tremblotante filtre sur le pavé. Un souffle de rire lui arrive, suivi d'un cliquetis métallique.
Dans le sous‑sol, des papiers jonchent le sol. Une fille — Léa — est accroupie près d'un amas de fils et de rouages. Elle lève les yeux. « C'était un piège… je voulais que tu m'aides. »
Milo serre les poings. Il pense à la invitation mystérieuse, au vent, au rire qui l'a fait sursauter. Puis il voit le fil coupé, noir et net, qui empêche le robot de fonctionner.
Il s'agenouille, fouille dans sa poche et tend un tournevis à Léa. « On peut le réparer », dit‑il. Elle hoche la tête, les cils humides.
Leurs doigts se croisent autour du tournevis. Ils rapprochent les deux extrémités du fil, serrent la connexion. Un bourdonnement faible puis plus fort traverse la pièce.
Le robot s'anime. Des étoiles projetées dansent sur le plafond sale, tournent en silence. Léa rit doucement, une larme roule sur sa joue mais son sourire est large.
Milo s'assoit près d'elle. La chaleur du projecteur réchauffe leurs doigts. Ils ne disent rien. Le silence n'est plus lourd, il est paisible.
Au‑dessus d'eux, une étoile filante trace une ligne rapide puis disparaît. Léa murmure : « Merci. » Milo sourit. La tablette vibre encore une fois dans sa poche.
Ils remontent les escaliers ensemble. Dehors, la neige a cessé de tomber. Les réverbères projettent des cercles orange sur le trottoir immaculé.
Milo rentre chez lui, pose la tablette sur la table de nuit. L'écran s'éteint. Dans la rue, un vent doux fait bruire les branches nues. Tout est calme.