Léo franchit la porte de la classe. Les voix tournent en bourdonnement autour de lui. Il s'immobilise, les sangles de son sac creusant ses épaules.
Il cherche une chaise vide. Toutes sont prises. Ses baskets frottent le sol, laissant des traces grises. Il se glisse près de la bibliothèque.
Un groupe construit une tour avec des cubes. Léo fait un pas, mais l'un d'eux tend un cube. Il secoue la tête et recule, trébuchant sur ses lacets défaits.
Une petite fille aux tresses s'agenouille près de lui et noue ses lacets. « Ça va mieux comme ça », murmure-t-elle en tirant fermement sur le nœud.
La fille se lève et lui tend la main. Deux autres enfants arrivent, l'un avec un crayon rouge, l'autre avec un lapin en peluche.
Ils ne disent rien, ils commencent juste un jeu. Léo rit en passant le lapin de main en main. Le bruit de la classe n'est plus un essaim.
Le bruit de la classe devient une chanson qu'il chante enfin. Léo serre le lapin contre lui et sourit.
Léo n'est plus seul. Il est à l'école, et aujourd'hui, tout va bien.