Le Secret d'Amina

« Le Secret d'Amina » est un livre illustré en style Aquarelle avec un jeune fille, par Sitan kaba, pour les 6–9 ans — créé avec Doodara, le créateur d’histoires IA

par Sitan kaba · Aquarelle · 6–9 ans · jeune fille · 10 pages

curious, shy, brave

le courage de révéler sa vérité

Le petit village dort encore sous un ciel de lavande, blotti contre les montagnes. Les ruelles pavées serpentent entre les façades ocre, et au fond d'une impasse, l'atelier familial exhale une odeur de rose qui se perd déjà dans l'air froid. La vieille lampe posée sur le rebord de la fenêtre est allumée, seule, patiente.

Nour pousse la porte de l'atelier et renifle l'air comme un chien qui traque une piste. « Les roses ne sentent plus comme hier », dit-elle, le doigt pointé vers les pétales fanés qui s'affaissent dans le mortier. Elle regarde la jeune fille derrière la cuve, puis remue le nez une seconde fois. Rien. Le parfum a disparu.

Amina resserre ses doigts autour du bord de la cuve. Les phalanges blanches. La vieille lampe chavire sur son pied et projette des ombres tremblantes sur les murs de pierre, comme si le vent passait à travers les pierres. Son poignet tourne le mortier, tourne, tourne. Trop vite.

Nour tire la manche du voile d'Amina et penche la tête sur le côté, une mèche rebelle tombant devant son œil. « Tante Margot a dit que vos roses sont devenues muettes — quelque chose ne va pas ? » Sa voix est douce, mais ses yeux fixent le mortier, pas le visage d'Amina.

Amina brasse le mortier jusqu'à ce que les pétales roses s'effritent en une poussière grise et sèche. Grin. Grin. Grin. Nour plisse les yeux et croise les bras : « Tu fais la tête silencieuse. Tu caches quelque chose. » Les miettes roses s'envolent en petits nuages sous la lumière chancelante de la lampe.

Nour se tourne déjà vers la porte, murmure : « Je vais demander à ta tante ce qu'il y a— » et Amina se glisse devant le battant. Le pan de son voile clappe dans le courant d'air de la fenêtre ouverte. L'odeur de rose disparaît d'un coup. Il ne reste que la sécheresse de la pierre et le grincement lent du plancher.

Amina pose la cuve vide. Elle résonne, sourde, contre le sol pavé. Elle souffle : « C'est ma voix. La recette de Mamie avait besoin d'une histoire, il ne reste que moi, et je ne suis pas assez. » Ses doigts lâchent le bord du mortier. Le silence entre elles est si épais qu'on entendrait une plume tomber.

Nour s'immobilise, une main sur la poignée. Puis elle répond, très doucement, les lèvres presque effleurant le mot : « Alors raconte ta propre histoire. Plus fort. » Elle ne lâche pas la poignée. Elle regarde Amina droit dans les yeux, et sa voix est celle d'un fil tendu, minuscule, mais inarrêtable.

La première graine dans le mortier éclate. Pas un son — juste une fêlure, fine comme un trait de plume. Puis des pétales roses jaillissent, légers, qui tournoient et chatouillent les chevilles d'Amina. Elle sursaute en riant, un rire court, surpris, qui fait trembler la lampe. Les pétales s'accumulent au fond du bol, vivants, sucrés.

Le lendemain, la ruelle pavée est imbibée d'une odeur de rose inconnue — plus sucrée, plus étrange, comme la première fleur de printemps. Nour presse une boutonnière fraîche dans les mains d'Amina et sourit, une mèche collée sur la joue. Amina tait le pétale derrière son oreille et marche vers le village. Derrière elle, la vieille lampe émet une lumière stable, dorée, qui ne vacille plus.

Doodara

Le Secret d'Amina

Sitan kaba