Marlin fouille le sable doré. Sa pelle raclle, raclle, raclle. Puis — un petit glissement sous ses yeux.
Clac ! Sa pelle frappe le sable. Marlin se penche, menton presque collé à la carapace. La tortue s'arrête. Elle lève les yeux ronds.
Marlin la soulève à deux mains. Sa coque est rugueuse, froide. La petite se raidit, pattes collées au ventre. « Doux, doux », murmure-t-il.
Il marche si lentement que le sel pique à peine. La vague suivante lèche ses orteils d'un froid gluant. Il compte ses pas.
Il pose la tortue sur le sable trempé. Un pas de vague la prend. Elle nage déjà loin — petit point vert dans le bleu.
Une éclaboussure lui chatouille les joues. Aaaatchou ! Il rit, dents serrées, front tout mouillé.
Marlin reste très droit. Les vagues viennent, s'écoulent, reviennent. Slap. Slap. Le point vert disparaît dans le bleu profond.
Il donne un coup de pied dans une motte de sable. Elle s'envole en petite nuée dorée. Marlin claque des doigts. Encore.
Il ramasse sa pelle. Le seau se remplit, se vide, se remplit. Plus vite, plus vite. Il fredonne.
Deux traces humides s'allongent derrière lui dans le sable qui sèche. Le soleil chauffe sa tête nue. Marlin sourit à la mer.