Un bruit métallique résonne dans la maison — Zooui s'engouffre dans la cuisine. Sa mère remue une casserole vide, les sourcils froncés. « Je n'ai plus rien, » soupire-t-elle. Le petit lapin s'immobilise, son nez frétillant captant l'odeur fade de la farine brûlée au fond du pot.
Zooui file vers le jardin, ses pattes postérieures fouettant l'air frais du matin. Il découvre trois carottes orange vif enfouies sous une feuille de chou, leurs fanes encore humides de rosée. « Voici pour la tarte ! » chuchote-t-il en les arrachant avec un petit clic terreux.
Trois carottes orange vif, encore couvertes de terre fraîche, émergent du sol meuble. Leurs fanes vertes sont moirées de gouttelettes de rosée qui scintillent sous la lumière du matin. Zooui sourit, les pattes avant posées sur la terre, et les arrache une par une avec un petit bruit satisfaisant.
Il poursuit sa course et trouve un buisson de persil sauvage près de la clôture en pierre. En se hissant sur la pointe des pattes, Zooui attrape quelques tiges parfumées juste avant qu'une coccinelle ne s'envole lourdement sur son museau.
De retour à la cuisine, Zooui dépose fièrement son butin sur la table. Mais sa mère secoue la tête : « Ce n'est pas assez, mon chéri. » Soudain, un roucoulement grave résonne derrière lui — un pigeon a dérobé une carotte dans son panier !
Le petit lapin pousse un cri perçant et se jette à la poursuite de l'oiseau dans la cour en gravier. Ses oreilles deviennent de longs drapeaux dans le vent, ses pattes propulsent des nuages de poussière derrière lui.
Zooui revient les oreilles basses, mais le pigeon a relâché la carotte près du potager. Sa mère sourit en récupérant le légume volé, puis pose une patte sur l'épaule du petit lapin. « Tu as essayé, » murmure-t-elle.
Ensemble, ils pétrissent la pâte dorée qui sent bon la cannelle. Le silence de la maison se remplit enfin — non plus du vide, mais du craquement joyeux de la tarte qui cuit dans le four.
La tarte aux carottes dore dans le four, son parfum de cannelle et de vanille emplit toute la maison. Zooui s'assoit près de la porte du four, le nez frétillant, attendant que le chronomètre sonne. Sa mère s'installe à côté de lui en silence, une main sur son dos.
Le craquement joyeux de la tarte qui cuit remplit enfin la maison. Zooui serre la carotte récupérée contre son cœur, les yeux fermés, et sourit. L'odeur de cannelle danse dans l'air tiède de la cuisine.